Voici le journal de bord de Cécile Catrysse et Jean-Clément Rolin, qui nous ont représenté au 4L Trophy :
Par Rolin Jean-Clément
EQUIPAGE 1926 : A la découverte du Maroc

Mercredi 14 Février : Au revoir Amiens
C’est parti, le jour tant attendu est enfin arrivé. Nous prenons la route et montons dans cette voiture mythique « La 4L »
Le départ de l’école effectué, nous pouvons enfin rouler vers le stade de France où le grand départ s’effectuera le lendemain.
Une fois au SDF, la voiture passa un contrôle technique et le verdict nous a prématurément refroidi . En effet la corrosion au niveau de l’aile arrière gauche était trop importante et pouvait être compromettante lors de notre arrivée dans le désert.
Nous avons jugé préférable de nous occuper du problème le lendemain. Nous pouvions ainsi profiter de notre soirée mais aussi de ce qui serait notre dernière « vraie nuit » avant l’aventure.
Jeudi 15 Février : Le Grand départ
14 :00 Les bruits des moteurs résonnaient autour du stade de France. Le problème de corrosion étant résolu, nous pouvions prendre sereinement le départ. Le spectacle était magnifique. Autour de nous près de 1000 Renault 4 s’apprêtaient, comme nous, à se mettre en lice.
Après avoir quitté le SDF, l’objectif du jour était simple : Se rapprocher au maximum de la frontière espagnole. Nous étions attendus à Algésiras ( Détroit de Gibraltar) pour le samedi 16h. Une tâche relativement simple diriez-vous ! Et pourtant …
Seulement 300 kms plus tard nos warnings illuminaient l’obscurité déjà présente. Nous étions en panne. A notre soulagement, le remorquage de la voiture n’a pas été nécessaire. Le dépanneur a juste eu à nettoyer notre carburateur pour faire redémarrer la voiture. Au chrono nous avions du retard et la nuit s’apprêtait à être longue.
Six cents kilomètres plus tard, l’horloge indiquait 03H00 du matin et Cécile reposait déjà dans les bras de Morphée. Elle ne s’attendait peut être pas à un réveil difficile. Malheureusement « Bis Répétita ». Mêmes symptômes et mêmes conséquences. Nous étions de nouveau en panne, cette fois-ci sur une aire d’autoroute. Nous allions pouvoir nous reposer et régler le problème le jour levé.

Vendredi 16/ Samedi 17 Fevrier : « Vamos » petite 4L
Réveil 8h00 : Petit déjeuner, petite toilette et Grand …. Constat. Nous n’avions pas rêvé, la voiture ne démarrait plus et le remorquage était inévitable cette fois. A l’examen les garagistes sont septiques !!! Mais un nouveau nettoyage du carburateur devrait suffire. !! Ce fameux « carbu » nous faisait défaut apparemment et inexplicablement il se retrouvait encrassé de sable. Du sable déjà ?
Une bonne heure et demi plus tard nous repartions enfin avec toujours le même enthousiasme. Cependant 10 Kms auront suffit pour nous glacer de nouveau le visage. Nous étions encore en panne. L’ironie du sort aurait pu faire que les seuls grains de sable que nous aurions pu tutoyer se trouvaient dans notre carburateur. Mais nous avions certainement une bonne étoile ce jour-là.
De nouvelles bougies, un nouveau filtre à air et un dernier nettoyage du carburateur auront suffit pour que « Casse-Noisettes » notre 4L ainsi prénommée reparte à la conquête de l’Espagne.
25 h nous aurons suffit pour rejoindre Algésiras. Parti de Bayonne la veille, ce résultat était insoupçonné. Mais nous y étions enfin. L’objectif était à moitié rempli et la 4l avait fait son travail. Seul le bateau pouvait à présent prendre le relais.
Dimanche 18 Février : Tanger-Enjil
Tanger nous tendait les bras. Deux heures de bateau suffirent pour nous emmener jusqu’au sol Marocain. Un moyen pour nous de retrouver tous nos partenaires de l’association, régler les présentations de passeports et échanger notre monnaie pour ce qui allait être notre nouveau moyen de paiement « Le dirham ». Après le temps du trajet en guise de repos, nos 4L se préparaient à l’aventure. Quelques vérifications « moteur », la pose de deux roues tout terrain et c’est reparti.
Nous roulions enfin sur les terres marocaines. Ce qui paraissait encore utopique deux jours plus tôt était devenu réalité. Mise à part un demi-tour sur l’autoroute cette journée se passa sans encombre. L’ambiance à bord était parfaite et le soulagement se faisait sentir. Pour preuve Cécile s’était remise à chanter à mon plus grand désespoir…
La 4L parcourait les routes avec une facilité déconcertante. Ainsi les kilomètres se succédaient les uns aux autres en nous offrant un décor toujours plus subjuguant même si le sable se faisait désirer. Patience …..
Lundi 19 Février : Enjil-Errachidia (Maroc)
Nous sommes à l’entrée du désert, entre Enjil et Errachidia, le périple continue à travers le sud marocain. Les premières dunes de sable fin font oublier les routes rocailleuses de l’étape précédente et offre toute la diversité des paysages marocains. Nous avons traversé Talsint, un ancien petit village agricole typique du sud marocain, puis avons quitté les routes traditionnelles pour emprunter les fameuses pistes du Sahara pour rejoindre la vallée de l’Oued Guir et découvrir un gigantesque panorama.
En fin de journée, nous avons pu rejoindre le campement d’Errachidia, non sans quelques coups de pelles pour désensabler notre 4L !

Mardi 17 Février : Errachidia-Merzouga
Cette 4ème étape du 4L Trophy fut très intense en émotions ! Après avoir traversé la somptueuse vallée du Ziz et découvert ses Palmiers Dattiers, première richesse de la région, nos 4L ont roulé à travers routes rocailleuses et pistes sablonneuses pour s’arrêter au pied des majestueuses dunes de l’Erg Chebbi, comptant plus de 150 mètres de hauteur. Une fois cette obstacle, et non des moindres, franchi nous avons atteint notre objectif du jour : Merzouga.
C’est sur ce village que l’aventure a pris tout son sens avec la remise des dons, apportés par les 2500 étudiants, en faveur de l’association « Enfants du Désert ». C’est plus de 80 tonnes de matériel médical, scolaire ou sportif acheminé dans les 4L que les étudiants ont offert en présence des enfants de Merzouga et des villages voisins !
Un moment fort, riche en entraide et solidarité qui permettra à plus de 25 000 enfants de la région d’améliorer leur accès à une meilleure scolarité ! Ce jour fût certainement le plus beau de tous et nous a rappelé les raisons pour lesquelles nous avions autant travaillé pour préparer ce projet. Cette journée restera notre plus beau souvenir de l’aventure.
Mercredi 18 Février : Merzouga – Timerzif
Une nouvelle journée commence. C’est celle que nous attendions tous mais paradoxalement que nous redoutions. Je parle évidemment de la journée dite « des bacs à sables ». Et cette appréhension s’est avérée légitime puisque c’est à 3 h 30 du matin que nous sommes rentrés. Profitant de cette magnifique journée où la chaleur se faisait de plus en plus pesante nous avions décidé de prendre notre temps. Et ce n’est pas la panne de l’équipage 1925, ( JB et nono) avec qui nous sommes restés, qui allait nous faire avancer plus rapidement. Cependant la route était encore longue et le soleil commençait déjà à se coucher.
Pour rentrer au bivouac il nous aura fallu, pousser la voiture d’innombrables fois pour la désensabler, user d’une fusée de détresse pour l’assistance, changer une roue pour crevaison, s’orienter à la boussole dans une obscurité quasi complète pendant deux heures et ce avec la compagnie de 4 équipages seulement. Comble de l’histoire notre chère voiture commençait à laisser paraitre quelques signes de fébrilité
C’est donc soulagés mais épuisés que nous sommes rentrés au bivouac. La force n’y était plus et le manque de sommeil se fit soudainement sentir. Mais nous savions que cela faisait parti de l’aventure.

Jeudi 19 / Vendredi 20 Février : Timerzif-Ouarzazate-Marrakech
Cette nouvelle journée sera difficile. Face aux problèmes mécaniques que nous rencontrions, nous avons décidé de prendre la route pour rejoindre Marrakech. Une éventuelle panne dans le désert marocain et nous pouvions dire au revoir à notre 4L puisque qu’aucune réparation n’aurait pu être réalisée sur les pistes les deux jours qui suivirent. Le choix fût difficile mais judicieux puisqu’au final c’est avec une vitesse de croisière avoisinant les 80 kms /h que nous avons rejoint Marrakech en deux jours. La voiture avait indéniablement perdu de sa puissance mais nous savions que celle-ci pourrait être réparée à notre arrivée. Cette baisse de régime nous aura permis de profiter pleinement du décor et des richesses de ce joli pays.
Samedi 21 / Dimanche 22 / Lundi 23 et Mardi 24 Février : La fin du périple
Logés dans un hôtel « 4 étoiles » pendant deux jours nous avons pu retrouver un semblant d’hygiène. Nous profitions ainsi de petits plaisirs auxquelles nous n’avions pas eu le droit durant la course. La soirée de clôture fut réussie et notre visite de Marrakech également. Malgré tout, nous savions que l’heure du retour était proche.
C’est ainsi que nous sommes repartis toujours en compagnie de notre chère« casse-noisettes »
La route sera longue, plus calme, nos pensées seront déjà nostalgiques et la voiture toujours aussi remplie … De souvenirs cette fois…
MERCI !
